Lorsque j’ai créé l’univers de la Sentinelle, je me suis plongée avec une délectation perverse dans un monde post-apocalyptique, quelques milliers d’années après un hiver nucléaire.
J’ai toujours été fascinée par les dystopies. Comme beaucoup, je me glisse sous un plaid pour observer des personnages broyés par des choix impossibles, tiraillés entre survie et morale.
Et à chaque fois, la même question revient : pourquoi, mais pourquoi ? Moi qui suis gentille – au bon sens du terme ! –, parfaitement non violente et pleine d’empathie ? D’où me vient ce plaisir légèrement pervers à voir et mettre en scène des individus confrontés à la fin de leur monde et mis devant des choix impossibles ?
J’ai trouvé une réponse : ce que je cherche, ce n’est pas la violence, c’est la vérité humaine.
Ce moment précis où les masques tombent. Où il ne reste plus que l’essentiel… Quand tout s’effondre, il n’y a plus de rôle social, plus de façade, seulement des choix.
Et cette question, obsédante : Et moi, qu’est-ce que je ferais ?
Dans La Sentinelle, mes personnages sont confrontés à la violence en permanence. Certains vivent sous la protection des Dômes, dans un semblant de sécurité. Mais à quel prix ? Derrière le confort, il y a des règles. Derrière les règles, un contrôle. Et derrière ce contrôle… autre chose – que vous découvrirez bientôt ! 😉
D’autres évoluent dans un monde extérieur brutal, imprévisible, où chaque décision peut être une question de vie ou de mort. Personne n’est épargné !
Les héros n’existent pas. Mais les actes héroïques, si… Tout comme la lâcheté, l’égoïsme, la cruauté. Et, parfois, tout ça coexiste dans une seule et même personne !
C’est ça qui m’intéresse : mettre mes personnages face à des choix cornéliens. Sauver quelqu’un… ou se sauver soi-même ? Dire la vérité… ou protéger ce qui reste d’un équilibre fragile ? Obéir… ou résister ?
Et ne jamais leur offrir de bonne réponse !
Tous mes romans naissent de ma question rituelle : « Et si… ? » C’est un jeu auquel je joue depuis que je suis toute petite ! Au supermarché, dans la rue, pendant une conversation, en lisant un article de presse… Je suis capable d’échafauder d’incroyables digressions sur à peu près n’importe quoi !
« Et si » tout basculait ? La Sentinelle est née de là.
Quand l’humain est confronté à des forces qui le dépassent, que devient-il ? Est-ce que cela le pousse vers les autres, vers l’entraide, vers la construction de nouvelles formes de solidarité ? Ou est-ce que tout se fracture, au profit du chacun pour soi ?
Il n’y a pas une seule réponse : il y en a autant qu’il y a d’individus ! Et peut-être que le plus troublant… c’est que nous sommes tous capables des deux.
Alors, si le monde s’effondrait… dans quel camp seriez-vous, vraiment ?




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